Les loyautés – Delphine de Vigan

IMG_5543

« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.»

Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ?
Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

Dans le cadre du prix RTL Lire j’ai lu le dernier livre de Delphine de Vigan. De cette auteure je n’avais lu que D’après une histoire vrai, que j’avais aimé sans plus (mais ça c’est une autre histoire).

Pour parler de ce roman, je vais devoir en dévoiler les grandes lignes. Passe ton chemin si tu veux le lire prochainement mais reviens m’en parler à la fin de ta lecture 🙂

On va rentrer dans le vif du sujet rapidement, je n’ai pas aimé ce livre. Et pourtant j’ai essayé, mais rien à faire. Ce roman social m’a énervé. Delphine de Vigan y décrit une galerie de personnages blessés par la vie de différentes manières mais qui pourtant souffre des mêmes maux; un décalage avec leur vie souhaitées, une forme de solitude, des choses qu’ils n’auraient jamais voulu savoir ou connaître. Une forme de solidarité se noue entre certains personnages; Hélène s’aperçoit rapidement du mal-être de Théo mais elle ne parvient pas à savoir ce qu’il a. Elle se base alors sur son vécu, les coups reçus par son père lorsqu’elle était plus jeune, pour essayer de comprendre ce qui arrive à ce jeune garçon. Théo n’est pas battu mais il doit faire face à des problèmes qu’un garçon de douze ans ne devrait pas rencontrer; suite au divorce de ses parents, sa mère est d’une froideur des plus extrêmes et son père se laisse quasiment mourir. Théo trouve du réconfort dans les alcools forts, qu’il boit de plus en plus et en grande quantité. Il rentre alors dans un état second où il oublie tout, où il n’a plus de problèmes. Il entraîne avec lui son ami Mathis. Mais la mère de ce dernier se rend compte rapidement de l’ivresse de son fils car son père était lui-même alcoolique. Cette femme découvre également les secrets inavouables et odieux de son mari. Etc, etc, …

Je vois très bien où l’auteure voulait en venir, ce qu’elle voulait raconter aux lecteurs. Elle veut décrire cette part d’ombre que nous avons tous en nous, et cette lutte pour se rapprocher d’un idéal (souvent inatteignable). Et je trouve ça plutôt raté. J’ai eu l’impression de lire une ribambelle de clichés sociaux; la professeur battue qui ne peut pas avoir d’enfants, l’ancienne fille d’alcoolique, les parents divorcés qui se détestent, le père qui est au chômage, qui traîne en pyjama tout la journée et se laisse mourir en prenant des tas de médicaments, l’enfant qui boit en réaction. Je trouve que c’est trop, trop de clichés sociaux, trop de pathos. Les réactions de Théo sonnent bizarre dans le bouche d’un garçon de douze ans:

Cela s’appelle le coma éthylique. Il aime ces mots, leur consonance, leur promesse: un moment de disparition, d’effacement, où l’on ne doit plus rien à personne.

Son roman sonne pour moi comme une mauvaise analyse sociologique/psychologique. Pourtant le thème abordé est très intéressant. J’ai discuté avec deux personnes dont les parents travaillent dans le domaine du social, et il n’est pas rare de voir de jeunes adolescents boire où se droguer suite à des problèmes familiaux. Seulement, dans ce roman, le sujet est mal abordé. De nombreux romans abordent le sujet des sociales et familiale d’une meilleure manière; je pense, entre autre, à En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis.

Je crois que l’écriture m’a gêné également. Je la trouve trop lourde, pas assez subtile. J’ai lu quelques articles sur Les Loyautés, où l’on parle d’une écritures âpre, rigoureuses, voir même austère. Ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti, j’ai trouvé que Delphine de Vigan tombait également dans un style littéraire un peu cliché, à force de vouloir faire quelque chose d’épuré on se retrouve avec un texte sans âme et des phrases bateau.

Un peu déçue du premier roman de cette sélection RTL-Lire, mais je perds pas espoir pour les autres! Et toi, tu l’as lu? Dis moi ce que tu en as pensé! Prouve moi que j’ai rien compris à ce livre ou dis moi si tu n’as pas aimé non plus.

JC Lattès | 17€


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s