Everybody Knew / Dans l’enfer de l’orphelinat – Michael Clemenger

Auteur : Michael Clemenger
Edition : Ebury Press / Les éditions de l’Archipel (Archipoche)
Publié en 2009 sous le titre Holy Terrors, puis en 2012 sous le titre Everybody Knew
Nombre de pages : 384
Prix : £6.99 / 7,65€

 

Pour la chronique d’aujourd’hui, je dois remercier Marina (ma meilleure amie), car c’est son livre qui m’a servi de support. Voilà comment elle me l’a présenté : « Ce livre est révoltant, il m’a fait chialer, lis-le. »
Bon, elle m’a aussi raconté l’histoire en gros, mais je crois que l’aurais lu de toute façon.

Je vais vous en dire un peu plus, parce que j’imagine que vous n’avez pas le même confiance aveugle que moi !

 

L’auteur, Michael Clemenger, nous raconte son enfance (et toute sa vie jusqu’en 2009 d’ailleurs) et les « joies » des monastères et couvents Irlandais des années 1950 et plus.
Né en 1950, il a été placé au couvent de Sainte Philomena, à Dublin, où il a vécu les huit premières années de sa vie avec les Soeurs ; sa mère ne pouvant pas l’assumer et son père étant inconnu. Il a donc grandi dans un milieu austère et froid, littéralement. Les Soeurs n’avaient aucune attention à lui porter, encore moins d’affection, sans parler d’amour.

A 8 ans, elles l’envoient dans le comté de Kerry, dans le Sud-Ouest de l’Irlande, chez les Frères du monastère Saint Joseph. Il se retrouve entouré de garçons de 6 à 16 ans, soit dans la même situation que lui (illégitime donc…), soit issus de familles trop nombreuses. C’est à ce moment que les choses se corsent pour lui. Comme si sa situation n’était pas suffisamment compliquée, il se fait persécuter par les garçons plus vieux et par les Frères, surtout deux d’entre eux qui se « battent » pour sa « protection » (sans parler des abus physiques réguliers d’à peu près tous les Frères). Il vit dans la peur constante, se demandant sans cesse quand aura lieu le prochain passage à tabac, le prochain viol. Bien qu’il ait conscience que ce qui se passe dans le monastère n’est pas normal, il est impuissant face à la situation, tout comme les milliers d’autres enfants qui ont subi les même sévices que lui pendant des décennies.

A 16 ans, il est considéré comme assez responsable pour s’en sortir dans la vie, et donc mis à la porte du monastère. Les Frères prennent tout de même le soin de lui trouver un travail dans la cuisine d’un hôtel, avec une gérante tout aussi charmante qu’eux. Malgré tous les désavantages avec lesquels il a commencé sa vie d’adulte, Michael Clemenger n’a jamais (ou presque) cessé de se battre pour s’en sortir, se construire un avenir, une vie. Et il y est arrivé, avec succès, malgré des années de questionnement, doutes, erreurs.

 

Petite précision sur le contexte

Il est important, avant de lire ce livre peut-être, de comprendre l’impact de la religion en Irlande, et de ce genre d’institutions. Loin de moi l’idée de juger qui que ce soit, il me paraît toutefois nécessaire d’en parler, étant donnée que c’est le sujet principal de ce livre.

La religion catholique, dans ce pays, est encore très présente. Toute son histoire repose dessus, et des choses qui nous paraissent acquises depuis longtemps, pour nous, jeunes Français, ne le sont pas en Irlande à cause de l’omniprésence de la religion. Contraception, avortement, mariage (et donc divorce) : tous ont été des sujets tabous jusque très récemment.

Pendant des décennies les couvents ont accueillis des jeunes femmes qui avaient « déshonorer leurs familles », parce qu’elles étaient tombées enceintes avant de se marier, parce qu’elles avaient été victimes de viol, parce qu’elles attiraient trop les garçons, parce qu’elles refusaient d’obéir à leurs parents, parce qu’elles étaient orphelines. Les monastères étaient occupés par des garçons avec le même profil que ces jeunes filles.

A priori, la manière la plus simple (ou la plus normale, je ne sais pas…) de gérer et de discipliner tous ces jeunes gens était de les maltraiter. De les abuser physiquement et moralement. Tout le monde le savait et personne ne disait rien. Parce que ces hommes et ces femmes qui vouaient leur vies à Dieu ne pouvaient décemment pas avoir un mauvais fond. Ils savaient ce qu’ils faisaient. Il en est aussi question dans ce livre.

Pour vous donner un petit aperçu plus concret de la situation, le dernier couvent de ce genre a fermé en 1996, il y a tout juste 20 ans. C’est un sujet qui reste encore tabou en Irlande aujourd’hui. On retrouve encore des ossements humains, surtout d’enfants, autour de ces couvents, dans des endroits qui ne sont pas censés être des cimetières. Des excuses publiques de l’Etat ont été prononcées à plusieurs reprises, mais leur implication dans tout ça reste encore floue, dans le sens où ils n’assument pas vraiment. Cet aspect-là aussi est évoqué dans le livre.

 

Mon avis

Ce qui m’a plu dans ce livre, en dehors du sujet intéressant, c’est la façon dont l’auteur raconte son histoire. Il ne passe pas par quatre chemins, il dit les choses telles qu’elles sont et telles qu’il les a vécues, aussi dures soient-elles. Parfois ça en est même déconcertant. Il parle de chose graves avec une telle naïveté et une telle normalité, celles d’un petit garçon dont ces choses révoltantes sont le quotidien.

Ce qui m’a plu aussi, c’est la fin qui est tout sauf larmoyante (je ne sais pas vous spoiler, ne vous inquiétez pas !). Personnellement, je n’ai pas pleuré, mais j’ai souvent été choquée. Du genre à poser mon livre deux minutes, le temps de digérer ce que je venais de lire, ou à envoyer des passages entiers à Marina pour en discuter avec elle.

Encore une fois, je ne juge personne, croyez ce en quoi vous voulez, du moment que ça vous rend heureux ! Je constate seulement des faits qui sont dans le livre, et qui, pour moi, donnent la gerbe.

 

Alors oui, ce livre est révoltant, il fait chialer (les plus sensibles), lisez-le !

 

Marina.

Bookhaul de fin de stage

IMG_1232Après avoir passé deux mois dans une librairie pour mon stage de fin d’année, j’avais fait une sélection mentale de livres que je voulais. Evidemment j’ai pas pu tout acheter mais c’est pas l’envie qui manquait! Pour cet été j’ai décidé de rattraper un retard en littérature classique et de lire quelques livres de littératures classiques.

– J’ai choisi Anna Karénine de Tolstoï. J’ai déjà lu Guerre et Paix il y a quelques années et j’avais beaucoup aimé. Avec ce livre, je souhaite poursuivre ma découverte des œuvres de Tolstoï!

Anna Karénine est une jeune femme mariée à Alexis Karénine, fidèle et mère d’un jeune garçon Serge. Anna Karénine se rend à Moscou chez son frère Stiva Oblonski. En descendant du train, elle croise le comte Vronski. Anna tombe amoureuse de Vronski, cet officier brillant, mais frivole. Elle lutte contre cette passion et finit pourtant par s’abandonner avec un bonheur coupable au courant qui la porte vers ce jeune officier.

Rebecca de Daphné du Maurier – Je l’ai pris pour son ambiance qui l’air sombre à souhait (et aussi parce que je me suis laissée influencé par bookstagram!)

Un manoir majestueux: Manderley. Un an après sa mort, le charme obscur de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir?

Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo – Je pense que celui-ci se passe de présentation. J’avais vraiment envie de découvrir l’oeuvre de Victor Hugo. J’ai décidé de commencer avec NDP car je connais que le dessin animé de Disney et je voulais lire l’histoire originale.

Le Rouge et le Noir de Stendhal – J’avais également à cœur de découvrir ce grand classique que je n’ai pas étudié au lycée. On y suit l’ascension sociale de Julien Sorel à l’époque de la Restauration.

Le Rouge et le Noir c’est le roman de l’énergie, celle d’un jeune homme ardent, exigeant et pauvre dans la société de la Restauration. Julien est le délégué à l’énergie provinciale, le délégué du talent à la carrière, des classes pauvres à la conquête du monde.

Histoires Extraordinaires d’Edgar Alan Poe – C’est un recueil de nouvelle traduit par Baudelaire. J’aime beaucoup l’univers sombre d’Edgar Alan Poe, il y a une frontière flou entre la réalité et la fantastique dans ses nouvelles que j’apprécie énormément.

Vous avez déjà lu un de ces livres? Vous en avez pensé quoi? Dites moi tout! 🙂

Cinq livres qui vous couperont le souffle

Il y a des livres qui vous laisse sans voix lorsque le renfermez, ce sont mes préférés! Lorsque l’auteur vous balade tout au long du roman et à la fin BAM! Retournement de situation totale, vous vous mettez à repenser à l’histoire en essayant de réfléchir aux détails que vous auriez loupé.

Voici une petite liste des livres avec un « plot twist » qui ne vous laisseront pas indifférents!

  • Tous les livres de Gillian Flynn

The Complete Gillian Flynn Collection | #BirchboxBookClub | A Mom Less ...

Gillian Flynn est une excellente auteure qui a écrit Les Apparences, Les lieux sombres et Sur ma peau (et une nouvelle Nous allons mourir ce soir) publié en France aux éditions Sonatine. Les trois romans sont des thrillers où la famille tient une place centrale dans chaque intrigue. Le modèle est souvent le même; une disparition ou un meurtre, une petite ville américaine, des secrets de famille et une enquête mené par le personnages principale. Que demander de plus?

Les Apparences (adapté au cinéma par Fincher sous le nom de Gone Girl):

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

Sur ma peau

La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà, l’été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l’affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c’est réveiller de douloureux souvenirs. A l’adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu’elle n’a pu exprimer. Son corps n’est qu’un entrelacs de cicatrices…  On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu’elle doit puiser en elle la force d’affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité…

Les lieux sombres:

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger.

  • Intérieur Nuit de Marisha Pessl

Intérieur nuit de Marisha Pessl - Le blog de Violette

Ce livre est un véritable page-turner! L’ambiance y est sombre à souhait! A l’intérieur du livre on trouve de pages de site internet, des morceaux de papiers griffonnés, des photos, … Si vous aimez les morts mystérieuses, un soupçon de paranormal et le cinéma, ce livre est pour vous!

Résumé:

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott McGrath ne voit pas les choses du même œil.
Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, McGrath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’œuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, McGrath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore…
Jouant avec les codes du thriller, incluant dans son récit des documents, photographies, coupures de journaux ou pages web, Pessl nous entraîne dans une enquête vertigineuse autour de Stanislas Cordova et de sa fille, deux êtres insaisissables attirés par l’horreur et le mal.

  • La vérité sur l’affaire Harry Québert – Joël Dicker

On ne présente plus ce livre! Une petite ville, des secrets, la découverte d’un corps d’une jeune fille disparue il y a 25 ans et un auteur très curieux!

Résumé:

À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ?

SensCritique Livres Roman La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert

 

N’hésitez pas à partager votre avis sur ces livres et surtout à nous quel livres vous ont complètement laissés bouche bée!

Big Little Lies – La série

HBO’s Big Little Lies is a Must See!

J’ai récemment regardé la série Big Little Lies, inspiré du roman de Liane Moriarty. Je n’ai pas lu le livre et je ne pense pas que je le lirais (connaissant le dénouement de l’intrigue, entre autre). Cette mini série de sept épisodes vaut vraiment le coup, je vous explique pourquoi.

La série montre le quotidien de familles plutôt aisées dans une petite ville de Californie, le genre de ville où tout le monde connait tout le monde et où les rumeurs circulent très très rapidement. Les rumeurs ont le rôle principales de ce TV-show, comme on peut le remarquer dès le premier épisode. Trois femmes sont mis en avant: Céleste, qui semble avoir une vie de famille et de couple parfaite, Madeline une mère hyper-active qui fourre son nez partout et Jane, mère célibataire et nouvelle arrivante dans la ville.. Les trois femmes vont se lier d’amitié et faire face à leurs propres problèmes.

Avant même de parler de l’histoire en elle-même, je dois vous dire que la réalisation de cette série est parfaite. J’ai beaucoup apprécié la façon dont c’était filmé, le spectateur est souvent face à des scènes pastelles, comme s’il y avait un film légèrement opaque posé sur la vie des personnages qui empêchait tout le monde de se connaître vraiment. On a le droit un casting de rêves; Nicole Kidmann, Zoé Kravitz, Shailene Woodley, Reese Witherspoon, Alexander Skarsgård et Adam Scott es acteurs jouent vraiment très bien, mention spéciale à Reese Witherspoon que j’ai complètement redécouverte dans cette série.

La série s’ouvre sur la mort d’un individu dont on ignore l’identité et l’enquête policière liée à cette mort. L’histoire est racontée par les nombreuses personnes interrogées par la police, qui évoque les habitants de Montery et ses rumeurs. Cela permet au réalisateur de montrer ce qui s’est passé quelques temps avant la mort de l’inconnu(e). Tous les personnages et les familles sont liés d’un manière ou d’une autre (je n’entrerais pas dans les détails, à vous de regarder la série!). Cette série aborde également de nombreux thèmes souvent liés aux femmes comme les mères qui travaillent ou encore l’homoparentalité. La série est vraiment très puissante dans le sens où elle mets l’accent sur la réalité des femmes qui ont été ou sont victime d’agression physique et sexuelle, la difficulté psychologique à tenter de surmonter ces traumatismes.

Will 'Big Little Lies' Have a Second Season? What Would Season 2 Be?

J’ai vraiment beaucoup aimé cette série, que j’ai avalé en très peu de temps! Il y a un côté thriller, on essaye de deviner qui a bien pu mourir, pourquoi et par qui. Et puis il y a cette ambiance crée par les rumeurs qui est très addictive. J’ai eu l’impression de me retrouver dans la bande de Madeline, Céleste et Jane, partager leurs secrets et détester les mêmes personnes qu’elles! De plus les personnages sont très attachants. Le format de la série est court, c’est qui est à la fois positif et négatif. On est sûr de connaître le dénouement de l’histoire à la fin de la série, mais on du coup on sait qu’on ne reverra plus les personnages à la fin!

Un seul conseil, binge-watchez Big Little Lies!

Les petites reines – Clémentine Beauvais

Fichier_000

Auteur : Clémentine Beauvais
Edition : Sarbacane
Nombre de pages : 304
Prix : 15.50 €

Ce livre m’a été envoyé par les éditions Sarbacane, que je remercie. Ils m’avaient envoyé deux livres phares de leur collections pour adolescent/jeune adulte; j’avais beaucoup aimé le premier, Dans le désordre, (vous pouvez lire l’article ici) et j’avoue avoir eu un peu plus de mal avec celui-ci.


« À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet.

L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!!
Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!!

Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée.
En vie, vraiment »


Mon Avis

J’ai beaucoup apprécié ce roman pour les thèmes très modernes qu’il aborde. L’auteur parle avec justesse du harcèlement scolaire. Je pense que c’est un thème très contemporain dont il est important de parler.

Nos trois héroïnes sont désignées Boudin d’Or, d’Argent et de Bronze de leur collège via un vote sur les réseaux sociaux. La plus âgée, Mireille, décide de ne pas se laisser faire et embarque les deux autres, Hakima et Astrid, dans un road-trip de Bourg-en-Bresse à Paris.

Clémentine Beauvais arrive à parler de harcèlement à l’école avec une incroyable finesse et un humour désopilant à travers ses personnages. Elle livre au lecteur un très beau message de tolérance, bien que ses personnages soient jeunes, elles font preuves d’une certaine maturité qui va évoluer tout au long de leur road-trip.

Mais Les petites reines aborde également d’autres thèmes important comme l’image de la femme et la pression de la société, la question de l’exclusion et du handicap.  Nos jeunes baroudeuses sont exclues socialement de leur collège à cause de leurs physiques jugés ingrats, ce qui les affecte toute les trois. Mais l’auteur les fait devenir des jeunes femmes qui assument leur corps et qui, surtout, accomplissent un acte qui les rendent fières d’elles. On trouve également dans ce roman une critique de notre société qui cherche le « buzz » à tout prix, une légère critique des médias qui rôdent autour des trois filles pour avoir le « scoop ». 

Le seul petit bémol c’est l’écriture qui ne pas vraiment plu. Je la trouve trop enfantine à mon goût, c’est sûrement dû à mon âge (je me fais vieille haha). Dans les dialogues j’ai eu l’impression de retrouver l’univers de Georgia Nicholson que je lisais quand j’avais 14/15 ans.

Les petites reines  est une histoire qui dénonce pas mal de choses mais qui reste vraiment très drôle et léger. Les personnages sont très attachants et ont chacun leur propre personnalité (avec leurs qualités et leurs défauts). Mireille est cynique et elle m’a fait rire pas mal de choix! Clémentine Beauvais fait une critique acerbe des années collèges et du dikdat de l’apparence féminine, mais ce livre est aussi une jolie leçon de vie!

The Lie Tree / L’Île Aux Mensonges – Frances Hardinge

IMG_20170430_1211461

Auteur : Frances Hardinge / Philippe Giraudon
Edition : Macmillan / Gallimard
Nombre de pages : 410 pages / 400 pages
Prix : 7.99£ (paperback) / 18,50€
Gagnant du Costa Book Award 2015

J’ai dû lire ce livre pour mon cours d’anglais, notre prof voulait faire un « bookclub » pour nos derniers cours et nous a laissé le choix entre ce livre et The Essex Serpent de Sarah Perry. Bien que sa couverture soit magnifique, l’histoire ne m’emballait pas du tout, contrairement à The Lie Tree, qui ressemblait plus à mon genre de lecture.

Le livre n’étant pas encore sorti en France (mais vous pourrez vous le procurer dès le 18 mai chez tous les bons libraires !), je ne peux pas vous mettre la quatrième de couv’. Par contre, j’ai trouvé sur Babelio un résumé bien mieux que celui de Macmillan, pour tout vous dire, qui se veut un peu trop « aguicheur » à mon goût et qui, pour le coup, induit un peu en erreur.

« Faith Sunderly, 14 ans, est la fille d’un révérend et éminent naturaliste. Accusé d’avoir trompé la communauté scientifique, il part s’exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais les rumeurs l’accablent et bientôt il est retrouvé mort. Suicide déshonorant, comme le fait croire la respectable société victorienne ? Ou assassinat, comme en est persuadée sa fille ? Avec son insatiable curiosité, Faith mène seule son enquête, qui l’entraine de révélations en secrets précieusement dissimulés. Elle est prête à défier toutes les convenances sociales pour faire surgir la vérité. Mais cette vérité pourrait se révéler dangereuse… »

La seule chose que ce résumé ne mentionne pas, c’est le mystère principal du livre, le fameux Lie Tree, qui donne au livre une atmosphère toute particulière. J’en parle plus bas dans l’article !

Mon avis

Le début était un peu laborieux, j’ai eu du mal à rentrer dedans. Outre les petites difficultés du niveau de langue, auquel on s’habitue rapidement, les premières pages étaient un peu pénibles à passer : on entre directement dans l’histoire, sans préambule, et on ne sait pas trop où l’on va. Je sais que certaines personnes aiment ce genre de début, pour ma part j’ai besoin d’un minimum de contexte.

Bien que j’aie tendance à vite poser un livre quand je ne rentre pas dedans dans les cinquante premières pages, j’ai quand même décidé de continuer ma lecture, non pas parce qu’Emilie m’a forcée (c’est pas son genre 😉 …), mais parce que toutes mes copines s’accordaient à dire que ça valait la peine de perséverer !

Et je suis bien contente, au final, d’être allée jusqu’au bout ! Même si je connaissais déjà les grandes lignes de l’histoire, ça ne m’a pas empêchée de rentrer complètement dans l’atmosphère assez sombre, presque poisseuse et moite du livre. La narration est absolument géniale de mon point de vue, les personnages sont présentés juste comme il faut et tout fini par prendre forme au fur et à mesure de la lecture.

L’écriture de Frances Hardinge a fini par littéralement me transporter dans son univers, aussi bien dans la maison froide qu’habite la famille de Faith, que sur les falaises vertigineuses qui entourent l’île, ou bien encore les grottes marines (ou devrais-je dire LA grotte marine ?) obscures, humides et oppressantes, dans lesquelles Faith se réfugie au beau milieu de la nuit. Pour un livre jeunesse, il est relativement sombre, même si le message qu’il fait passer est assez optimiste. Au final, c’est un bon roman d’aventure et de mystère qui nous transporte aussi bien dans le lieu que dans l’époque.

Sans trop en dévoiler, j’ai adoré le personnage de Faith, qui, a seulement 14 ans, prend toute la mesure de ce qu’est la condition de la femme au XIXè siècle en Angleterre, dans une société partagée entre la religion et la théorie de l’évolution (révélée par Darwin quand elle était encore une enfant) ; mais surtout une société dans laquelle les femmes de bonne famille n’ont qu’un rôle secondaire et doivent apprendre à être de bonnes épouses gentilles, et non pas intelligentes et cultivées. Son attitude de rebelle tout juste sortie de l’enfance est parfaitement dosée par la plume de Hardinge, qui ne va pas jusqu’à en faire une énième héroïne ultra clichée. On va dire que c’est un Girl Power mesuré, même si toutes les femmes de ce roman, ou presque, sont des femmes qui se battent pour que leur condition ne les réduise pas au silence.

C’est un livre que je recommande absolument à tout le monde, même s’il est classé en littérature ado. Je vous en supplie ne vous fiez pas à sa couverture (française, qu’on s’entende), qui ne rend absolument pas justice à l’originale (sans parler de la version illustrée…) et qui, je trouve, fait passer le livre pour un roman pour enfant d’une dizaine d’année. Je ne dis pas qu’un enfant de 10 ans ne peut pas lire ce livre, mais je suis pas sûre qu’il en comprendra toutes les subtilités. Enfin, j’espère de tout mon coeur que la traduction de Philippe Giraudon rendra justice à la plume de Frances Hardinge !

Rendez-vous dans les librairies le 18 mai 🙂 !

Marina